En allant chercher de quoi remplir le mini bar de l’hôtel luxembourgeois dans lequel je me retrouve encore coincé toute une semaine, je suis passé devant une boutique de vêtements pour hommes dont la marque m’était inconnue. Comme certains éléments de ma garde-robe ont vécu, j’ai fait un effort et, contrairement à mon habitude j’ai flâné un peu au lieu d’attraper la première fripe vaguement à ma taille et d’une couleur qui ne m’agressait pas le regard.
La vendeuse, affable, m’est tombée dessus en moins de cinq minutes, ce dont j’ai horreur habituellement, mais elle l’a fait de manière non invasive.
« Si vous avez besoin d’un renseignement ou d’un conseil, n’hésitez pas! » et de retourner s’occuper d’un jeune homme indécis accompagné de sa famille pour l’achat de son costume.
Comme je me suis attardé plus qu’à mon habitude, j’eus droit à une deuxième visite de la vendeuse. A qui j’expliquai que je ne planifiais habituellement pas mes achats de vêtements, que je profitais de mon passage dans sa région et que non, décidément elle ne pouvait pas m’aider, mais que je n’hésiterais pas à l’appeler si le besoin s’en faisait sentir. Elle me quitta tous sourires en me disant que j’avais bien raison, et qu’il fallait varier ses fournisseurs. Brave commerçante à l’esprit accommodant.
Toujours est-il que, motivé par sa sympathie et par l’esprit commerçant dont elle faisait preuve avec son autre client (j’ai rarement entendu un baratin de vendeuse de vêtement aussi habilement camouflé en conversation innocente, je me suis décidé à lui acheter un pantalon. Ce qui m’amène, après maintes digressions, au titre de ce billet.
Comme d’habitude, le dit pantalon a les jambes plus grandes que les miennes. La jeune génération doit être équipée d’échasses… Je demande donc, au moment de payer, quel délai serait nécessaire à la réalisation d’un ourlet. Comme il y en avait pour une semaine (et 7€, je vais me reconvertir en ourleur, moi), ça s’est terminé par un:
« Bon, et bien tant pis, je le ferai moi-même alors; je ne serai plus dans la région la semaine prochaine »
Air sceptique de la dame.
« Vous… vous savez coudre? » (Sous-entendu: vous un représentant de cette engeance masculine qu’il faut habiller, dont il faut laver les vêtements et à qui il faut faire des ourlets de préférence sans passer par la case essayage?)
« Mais oui; mes deux grand-mères m’ont appris à coudre. Elle trouvent que c’est très important pour un homme d’être indépendant. »
« … C’est vrai. Non, vraiment, c’est bien. Et vous avez une machine à coudre? »
« Bien entendu. »
« Ca, c’est incroyable… Enfin, vous auriez dû m’en parler en l’essayant, je vous aurais marqué le bord. »
« Ca ira, je peux le faire. »
« Pas trop court, n’est-ce pas?! » (J’insiste, tu n’es qu’un homme, donc faillible sur tout ce qui concerne les choses en tissus »
« Non non. A raz du pied, pieds nus, et avec une ceinture. »
Là, je crois que la vendeuse a vu le Christ. Ou un truc avoisinant.
« C’est… C’est ça… »
J’aime produire mon petit effet comme ça :-) . Je crois que je peux retourner dans cette boutique, elle se souviendra de moi. Et puis la maxime sur leurs sacs est faite pour moi:

Pour ceux que la boutique intéresseraient (ils ont des vêtements pas trop moches, et vu la mode qui vient, c’est inestimable), c’est Brice, dans la galerie du Cora de Messancy.
Quand je dis que la mode à venir laisse à désirer, c’est à cause d’un T-Shirt vu chez H&M juste après: