Christine Boutin n’est pas une amie à moi, et il y a peu de chances que nous puissions nous entendre un jour.
Mais elle a du coffre et ses idées ne sont pas toutes mauvaises (mauvaises de mon point de vue tout à fait subjectif, s’entend, parce que pour elles, elles doivent toutes êtres bonnes).
Je vais donc écrire une série de billets inspirés par ses citations (en provenance de la Wikipedia). Christine sera donc ma muse à défaut d’être ma copine.
Le sujet d’aujourd’hui:
Je suis catholique avant tout, avant d’être législateur. Je suis au service de la vie, donc contre l’avortement. Et l’Église, dans ce domaine, se réfère à une loi naturelle qui, en fait, s’impose à tous. Aux catholiques comme aux non-catholiques.
La Cinq, 16 mai 1990.
Ca balaie large, non?
C’est parti. Première affirmation: Je suis catholique avant d’être législateur. Tout un programme. Je suis d’accord, le législateur est guidé par sa morale. Mais la manière dont Christine l’expose laisse à penser que, pour elle, la doctrine de l’église passe avant son devoir envers l’état. Or, c’est dans cette dernière institution qu’elle a été élue. Elle est au service de l’état et de ses concitoyens, pas à celui du Saint Siège de Rome. Que sa foi l’aide à choisir, en son âme et conscience ce qui est bon pour ses électeurs (et pour les autres) n’est pas gênant. Ce qui l’est est de ne plus pouvoir penser sans se référer aux Ecritures.
Dans toutes les religions du Livre, on trouve un message d’amour (et normalement de tolérance). Mais on y trouve aussi des choses beaucoup moins acceptables ou justifiables de nos jours (le Talion, l’interdiction de manger des crevettes – c’est très bon les crevettes, quand c’est frais, la lapidation des femmes adultères, …) Or, trop de gens ont tendance à prendre les Ecritures au pied de la lettre et à oublier que tous ces livres ont été recopiés maintes et maintes fois au cours des siècles, et qu’à ce titre, la part du message originel qu’ils contenaient ne dois plus être énorme. Comme je l’explique ici pour des événements bien plus récents, il est difficile d’être certain d’un fait historique. Bon, premier mauvais point, mais on peut dire que j’ergote.
Ensuite: Etre contre l’avortement est être au service de la vie. C’est primaire et manichéen comme raisonnement. Oui, empêcher l’avortement permet d’avoir plus d’être humains sur terre. Mais est-ce forcément un bien? Qu’est-ce qui est préférable? Avoir la vie que décrit Ron ici ou être mort avant même d’avoir commencé à vivre? Peut-on condamner un être à une vie de souffrance pour préserver la vie à tout prix? Le raisonement est le même pour l’euthanasie. Christine, si tu pouvais mettre de l’eau dans ton vin (de messe)…
Le coup de la loi naturelle est très fort aussi. Oui, il est naturel de naître. Mais, en poussant le raisonement jusqu’au bout dans sa naturelle absurdité, on peut se dire qu’il est « naturel » de mourir quand on attrape un rhume que l’organisme n’est pas assez fort pour le combattre seul. Faut-il donc abandonner les médecins, médicaments et vaccins? (Ca va boucher le trou de la sécu, soit, mais je ne suis pas certain que ça rende la population heureuse.) Et puis, ça serait en contradiction avec le principe précédent (il faut préserver la vie.) Donc, si je te suis bien, Christine, il faut laisser faire la nature, mais pas dans tous les cas. OK. Et comment on choisit? On lit la réponse dans les Evangiles? Il faudra un index, alors. Genre « Grippe: Apocalypse 3:15″.
On a séparé l’église et l’état, c’est pas pour les mélanger à nouveau plus tard, enfin!








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