Entendu à la librairie

7 juin 2006 - 23:17  ( Pédélogie )

Je discutais avec ma libraire d’une sordide histoire d’agression: un homme a été battu à coups de marteau et est dans le coma.

La brave femme me dit:

Ben, il était toujours tout seul. Je me demande si il n’était pas homo ou qu’il n’avait pas des relations… enfin, tu vois. (non, je ne vois pas.) Et il était fort maniéré…

Parce que bon, si il allait dans le milieu du bas de la ville ou qu’il sortait dans le centre… Parce qu’il ne faut pas croire, ces gens-là ne sont pas tendre entre eux. On a eu une bagarre de lesbiennes dans le café ou je servais quand j’étais jeune, et j’aime autant te dire que je me suis planquée!

Ca se passe presque de commentaires. A sa décharge, la dame est à deux ans de la retraite (elle commence à avoir un certain âge, donc); et elle a effectivement bossé dans le centre ville où elle a dû en voire des vertes et des pas mûres. Il n’empêche qu’elle a une vision de la communauté qui me déplaît.

C’est le même problème qu’à la gay pride. Prenez une minorité. Dans cette minorité, prenez un échantillon, pas nécessairement représentatif, qui a un comportement étrange (les Folles) ou violent (le marteau), et paf, toute la minorité est assimilée à ces comportements. Mais désolé, je viens de passer la soirée avec John et Filip, on n’a frappé personne, on n’a pas une plume dans le cul et on n’a pas copulé sur un char en pleine ville.

J’ai failli le lui dire. « Tu sais, Nicole, j’ai bien un marteau chez moi, mais à part sur mes doigts, je n’ai jamais frappé personne avec. Et on dirait que tu n’as jamais vu que j’étais PD (oui, je dis PD, je trouve que gay ça fait un peu hypocrite). Et puis, j’ai quand même ramené quelques coups d’un soir ici, tu as dû les voir passer le matin, et tu n’as jamais rien remarqué. ». Mais bon, ça nous aurait emmené dans une conversation fort longue, et je n’avais pas vraiment le temps pour ça. Il faudra bien que je m’y colle un jour.

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7 commentaires sur “Entendu à la librairie”

  1. Je ne suis pas sûr qu’il y ait plus de criminels chez les homos que les hétéros.
    Je n’aime pas le terme « gay » non plus parce que ça fait « grande folle » ou au moins « youhouuu ».
    Et puis, parmis les hommes qui sont sortis de ton appart le matin, il y a eu moi. Et pourtant il ne s’est rien passé. (je rappelle à ceux du fond qui ne suivent pas que je suis hétéro.)

  2. Et puis toi tu n’es pas un coup d’un soir. Pour toi j’ai de l’imagination pour plusieurs nuits :-).
    (Aïeuuuuuuh! pas la tête, j’ai dit!!!)

  3. C’est vrai, ce n’est pas un coup un seul soir. Ce sont des coups à chaque idiotie proférée. Et vu ton débit actuel, ça va faire mal. :P
    Allez, enlève ce casque.

  4. je comprends la réaction de la dame, j’ai eu aussi affaire dans le café à des filles lesbiennes, et franchement, elles ne m’ont pas donné une bonne image de leur communauté, elles sont jalouses et agressives,mais je suppose que ça ne vient pas du fait qu’elles sont lesbiennes mais plutôt du fait que cette dame exerçait dans un café, or la nuit, dans les comptoirs, on a souvent affaire au pire, rarement au meilleur.

  5. Et les hétéros qui se battent à la sortie des stades, des boites de nuits, des cafés ils donnent une bonne image de leur communauté?
    Les « folles » comme vous les appellez avez ce soupçon de mépris, ils vous dérangent au motif que vous n’étes vous même pas à l’aise avec votre homosensibilité (parcequ’il n’y a pas que la sexualité!)me semble t-il. Ppour ma part je les trouve bien plus courageux que moi, qui ressemble à un hétéro bien comme il faut. Ces garçons ont un courage pas forcement volontaire mais ils l’ont, ce courage d’affronter chaque jour les moqueries, les insultes et les coups des homophobes de tout poils, et de plus celui de subir votre mépris et votre rejet. Est ce l’image que les autres ont de vous qui prime, ou bien est ce la réalité de votre ètre?

  6. Je viens de relire mon billet trois fois. Et je n’y vois pas ce mépris deont je suis accusé.
    Je n’ai rien contre les folles. Et le terme n’a pour moi rien de péjoratif. Ce que j’en dis, dans mon billet sur la gay pride, c’est que ce que les hétéros ont tendance à retenir de la gay pride, c’est ce qui est le plus « visible » ou « marquant ». Et les gens qui défilent en tenue « civile » n’entrent pas dans cette catégorie.

    Je reconnais le courrage de ceux qui vivent et affichent leurs différences, qu’ils soient homos ou hétéros. Il se trouve juste que je ne ressens pas le besoin de la vivre en m’habillant d’une manière particulière (quoique, certains pourraient faire des commentaires sur certaines de mes chemises).

    Alors, voilà, j’espère avoir au moins dissipé ce malentendu.

    (P.S.: Je suis tout à fait à l’aise avec mon homo[sensibilit/sexualit]é.)

  7. Tout comme il y a des femmes féminines ou pas chez les lesbiennes comme chez les hétéros il en va de même pour les hommes.D’autre part les bagarres sont aussi fréquentes entre homos qu’entre hétéros,hommes et femmes confondus encore une fois(les crêpages de chignons pour un mec!).

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