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Une semaine de billets continus, ça se fête! Allez, quatrième épisode de la chaîne.

A l’école, j’étais assez mauvais en français (d’ailleurs, en ce qui concerne l’orthographe, je ne me suis jamais amélioré. Heureusement que j’ai un correcteur ortographique et un correcteur humain, merci Turbokiki). Je ne voyais vraiment pas ce qu’on me voulait avec ces histoires de compléments d’objet direct, indirects… Toute cette nomenclature barbare qui changeait de toute façon tous les quatre ans au grés des ministres de l’éducation.

Ca a duré comme ça jusqu’en quatrième secondaire (pour les Français dans le fond de la salle, ça fait environ 16 ans). Là, le miracle est arrivé en la personne de Madeleine R., professeur de français de son état et excentrique absolue. L’orthographe? Oui, bon, ça compte, mais vous n’avez fait que ça jusqu’à maintenant. Les règles de grammaire? Vous avez bien dû les assimiler. Madeleine considérait que son boulot, c’était de nous apprendre autre chose.

Elle voulait nous faire découvrir des auteurs. Nous faire réfléchir sur ce que nous lisions. Ca, c’est mon analyse de maintenant, à l’époque, je ne prenais pas de recul, et je ne me demandais pas ce qu’elle voulait. Toujours est il que c’est elle qui nous a fait faire nos premiers exercices préparant aux dissertations. (Je m’en souviens encore. Il fallait découper une image dans le journal et la décrire deux fois, sur le mode subjectif et sur le mode objectif).

Ca m’a plus. Enfin le français devenait une source de plaisir au lieu d’être une longue punition. Et puis sont venues les fameuses dissertations. Enfin je pouvais faire sortir tout ce qui me tournait dans la tête et le coeur sans voir la réaction de mon public, puisque je n’étais jamais là durant la correction. Mais ce que j’écrivais, bien que truffé de fautes d’orthographe, plaisait, si j’en crois les quotes.
Les caprices de l’attribution des classes ont fait que je n’ai eu le bonheur de suivre ses cours que durant un an. Mais les caprices du destin on fait que les deux années qui ont suivi, j’ai eu cours avec une de ses anciennes étudiantes. Qui, bien que plus sévère sur l’orthographe, avait le même genre de conception de la manière de donner cours. C’est à ces deux femmes d’exceptions que vous devez le bonheur de me lire (qui a dit « pauvres connes, on doit le supporter maintenant? >_< )

J'ai dit que Madeleine était excentrique. C'est un facteur qui a fait beaucoup dans la joie que j'avais à la voir. Elle était souvent habillée par de grands couturiers, en couleurs vives (Tailleur YSL rose bonbon, robe Cardin à rayures oranges et noires façon abeille)... Elle nous a aussi gratifié d'un ensemble qui faisait très Carmen. Très jolie robe bouffante, petit boléro... Et puis, "oh, il fait chaud ici." Enlève son boléro pour révéler un chemisier noir transparent et un soutien-gorge en dentelle noire... Le tout assossié à une crinière bouclée poivre et sel du plus bel effet. Elle se parfumait beaucoup, également. Avec l'habitude, en fin de récréation, je pouvais dire, du bas de l'escalier, à quel endroit du couloir elle se trouverait, rien qu'à la puissance de l'odeur. C'est normal quand on ne supporte pas l'odeur de la monnaie des photocopies et qu'on se rince les mains à grand renfort de Poison...

Madeleine est maintenant retraitée, mais je lui amènerais bien des lilas. (je ne serais pas un peu amoureux moi?)

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Bizet - Carmen, petite suite d\'orchestre / L\'Arlésienne, suites 1 & 2 (collection Entrée)

Un commentaire sur “4 – Ce soir j’attends Madeleine”

  1. [...] Grâce à un petit gâteau (miam une madeleine), je me suis souvenu de l’article dont je ne retrouvais plus le sujet. En fait, c’est en écho à l’article de Vanyel concernant son professeur de français en secondaire.Moi je pourrais tous les prendre en revue ces profs de français de secondaire. J’ai vraiment tout eu ! Mais c’est incontestablement les cours de Madame B. que je ne regrette aucunement d’avoir suivi. J’étais en 5ème secondaire (16 ans). L’année scolaire débute. Je suis dans un groupe de Français 4, soit 4 heures par semaine. Il faut savoir que dans les dernières années de l’enseignement secondaire, l’étudiant a le choix du nombre d’heures pour certains cours : Math (4, 5, 7 ou 9), Biologie (1 ou 3), Physique (1 ou 3), Chimie (1 ou 3), Français (4 ou 6),… Moi j’aurais bien voulu prendre Français 6, mais les profs ont décidé que c’était incompatible avec Physique 3. Et on m’avait dit qu’il fallait une science forte en plus pour bien s’en sortir en Biologie 3… Donc, bien malgrés-moi je me retrouve en Français 4.Les profs de cette année la sont deux pour la classe. Madame B., et Madame R. . Elles nous laissent le choix de répartir les élèves en deux classes. Je choisi en premier lieu la classe de Madame B. . Je ne la connais pas, mais j’accroche de suite avec son style. Mais certains amsi de l’époque tente de me convaincre de choisir plutot la classe de Madame R., consoeur poivrotte, ou on peut faire le bordel en cours. Comme il y avait trop de monde chez Madame B., le transfert a été accepté sans problèmes.Je n’aurai assisté qu’à un seul des cours de Madame R. : le chambard perpétuel. J’ai connu ça en histoire en 4eme avec Mme d. B. et je ne voulais finalement pas revivre ça… Parlementation donc, pour retrouver le cours intital.Une année de français avec Madame B., ou on a vécu le français au corps et au coeur, on on a fait du théatre, travaillé des textes, fait de la relaxatiion pour mieux exprimer les mots par son corps… Une manière de travailler tellement différente de ce que j’avais pu vivre les années précédentes…Je me souviens entre autres de ces chouettes moments de théatre. Deux actes de la Cantatrice Chauve avec C., M. et G.Et il y avait aussi cette classe dans les greniers de l’école, classe si particulière qui avait trois étages… On s’installait ou on voulait, c’était le pied ! Madame B. est aujourd’hui à la retraite, ayant eu même quelques ennuis de santé,… Je garde d’elle un précieux souvenir au fond de mon coeur. [...]

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