Et c’est reparti. Il fait chaud, j’ai eu une journée pourrie, résultat: je ne sais pas dormir. Alors autant balancer tout ce que j’ai sur le coeur, ça devrait faire baisser la pression.
J’ai toujours eu besoin de pratique pour comprendre les choses. Les belles grandes envolées théoriques, ce n’est pas fait pour moi. Si c’était le cas, j’aurais fait une licence et un doctorat, pas ingénieur industriel. Quand je me suis reconverti dans l’informatique, ça ne m’a pas posé de problème; à l’époque, on cherchait des gens pour mettre les mains dans le cambouis. Pas nécessairement pour développer, non, mais pour avoir un contact avec la machine, le logiciel et pour faire fonctionner le tout.
Or, depuis quelques temps, poussée par les réalités économiques, la profession évolue. Les développements se font en Inde, au Pakistan ou dans les pays de l’est. Le support se fait… je ne sais pas trop où, mais parfois, à entendre les helpdesks au téléphone, je crois que c’est au nord-Tobago. Et en Europe, on se dirige vers quoi? Des réponses à appel d’offre; des analyses techniques; de la gestion de projet. Point. Quasi final. J’ai dû oublier quelques aspects de la profession pour lesquels on peut encore facturer un salaire européen, mais l’idée est là.
Et c’est mon problème. Tout ça est à un niveau d’abstraction un cran trop élevé pour moi. Il y a des gens qui nagent là-dedans sans problème, mais moi, je ne m’en sens pas capable. En fait, non, ce n’est pas que je ne m’en sens pas capable, c’est que mon cerveau refuse de traiter l’information. Comme quand je lui demandais de faire un bilan en économie ou quand je voulais lui faire comprendre et retenir le cycle de Krebs.
Alors j’essaie de me forcer. Mais tout comme je n’ai jamais réussi mon examen de biochimie (merci Krebs et ses potes), mon essai de lecture d’appel d’offre d’hier s’est soldé par un échec. Quand j’arrive à la troisième ligne des demandes du client, j’ai oublié la première. Et quand on me parle de méthodologie ou d’aspects qualité, c’est pire, mon cerveau s’éteint. C’est pareil pour rédiger. J’ai peut-être les connaissances nécessaire pour répondre à un appel d’offre, mais je suis incapable de les formuler; je peux écrire facilement, la preuve ici. Mais j’ai besoin que le texte me sorte des tripes et du coeur. Si je dois le faire sortir uniquement de la tête, sans y mettre de sentiments, ça ne marche pas, le moteur à écrire ne fonctionne pas avec ce carburant là.
Dans ces conditions, je ne vois pas trop où je vais pouvoir me trouver ma niche écologique en informatique. Le problème, c’est que si je veux changer de métier, à part caissier chez GB, je ne vois pas trop… Revenir à mes premières amour, la chimie? Ca fait huit ans que je travaille en informatique, sans avoir jamais eu un seul job en chimie. Qui m’engagerait dans ces conditions? Me faire une formation en autre chose en cours du soir? Peut-être, mais en quoi?
Enfin, voilà, c’est écrit. Au moins, on comprendra pourquoi je suis de mauvais poil. Pas tant parce qu’on me donne du boulot que je n’aime pas que parce que je ne me sens pas capable de le faire.








Il y a une solution supplémentaire, mais elle est pas mieux que les autres : déménager au Nord-Togo ou en Inde… Ce qui implique être payé à leur salaire, mais faire leur boulot…
Pfff. Fichue mondialisation.
La question est : Est-ce que cette dynamique au niveau de ton boulot est dans tout le secteur ou est-ce que c’est lié à ton entreprise ? Si C’est sectoriel, il ne te reste plus bcp d’espoir, faudra changer de secteur (du genre, on cherche des infirmiers… ;)) Si c’est uniquement dans ton entreprise, faudra changer de boulot, ou te révolter et dire clairement à ton patron, que ce qu’il demande ne correspond pas à ce que tu sais faire…
Quoi qu’il en soit, tu peux pas continuer à te laisser bouffer comme ça
Le problème c’est que c’est pas une grosse boite et que meme s’il se rebellait contre son patron, ben y a pas trente six soluce.
Maintenant, je reste persuadée aussi que c’est justement par le fait que tu travailles dans cette boite là et pas une autre que c’est un peu plus dur.
Tu connais et apprécies les gens avec lesquels tu travailles et ca doit faire un peu pencher la balance pour rester la bas non?
Y a des tas de secteurs où tu pourrais mettre tous le temps les mains dans le cambouis (entre deux appels d’offre pour du nouveau matos ou des subsides, mais c’est nettement moins fréquent que chez toi) c’est dans le secteur public.
Ils crient après des informaticiens chevronnés qui puissent codés et maintenir à flot leurs système, oui mais voilà, à un salaire nettement moindre et avec des moyen précaire. C’est mac gyver au quotidien, et je sais de quoi je parle.
Efin, c’est une soluce comme une autre hein
Izo > C’est effectivement une évolution sectorielle. Donc soit je m’adapte, soit je quite le secteur. Dans les deux cas, ça me fait ch… Etre payé au tarif d’un nord Togolais, tu dois bien te douter que ça ne me fait pas rire.
Fabi > Que ça soit dans une grosse boite ou dans une petite, le problème reste un peu le même. Il y a juste que dans une petite, il te ratrappe plus vite.Ce qui est préférable dans un sens (c’est comme retirer un pansement d’un grand coup sec). Alors oui, le fait de bien connaître les gens avec qui je travaille m’aid à rester, mais je dois avouer que si j’avais eu une solution de rechange ce matin, j’aurais claqué ma dem’ sur un coup de tête. Comme ce n’est pas le cas, je suis toujours là.
Les deux > Bref, j’ai un gros travail d’introspection à faire. Je peux essayer de me programmer pour passer le blocage sur les tâches que je n’aime pas (ça serait plus facile pour la gestion d’équipe ou de projet que pour le reste) mais ça équivaut presque à me demander d’être hétéro. Enfin, si on voulait bien comprendre en hauts lieux que le simple fait de me parler de « support », quel que soit son niveau, me hérisse, ça m’aiderait déjà.