Plaignons-nous en coeur

2 septembre 2006 - 22:28  ( Société )

Parfois le genre humain me désespère. Je me demande si il vaut vraiment la peine d’être sauvé. Et je me dis que si on me proposait, comme au héros du Carrefour des étoiles, de remettre l’histoire de l’humanité à zéro d’un coup de rayon extraterrestre, je dirais oui sans hésiter.

Parce qu’à la fin, je trouve ça pénible. Je vois toujours les mêmes personnes répéter ad nauseam le même comportement tout en sachant qu’il va les conduire à un nouveau divorce, une nouvelle crise familiale, de nouveaux problèmes d’argent, bref à une conséquence négative qu’ils ont déjà expérimentée. Puis ces mêmes gens s’empressent d’accuser la vie d’être injuste, de ne pas valoir la peine d’être vécue. Et ces mêmes personnes d’accuser leurs contemporains de leur en vouloir. (Ce comportement s’applique aussi au niveau des états, mais ceci est une autre histoire).

Mais enfin, peuple de la terre, quand te rendras-tu compte que les mêmes causes ont toujours les mêmes effets? Que si tu ne change pas les causes, les conséquences seront toujours les mêmes? Quand cesseras-tu de te dire inconsciemment « Ah tiens, ceci est une situation gênante. Si je le gère de cette manière, elle deviendra catastrophique et je pourrai me plaindre encore plus et faire constater que je suis dans la plus noire des misères »?

Personnellement, je ne peux plus affronter cette manière de faire que j’ai trop souvent utilisée moi-même (ce qui prouve qu’elle n’est pas innée mais bien acquise, puisque je la retrouve dans ma famille proche). Et ce schéma d’action est acquis, il peut se désapprendre. Encore faut-il le vouloir, puisque je sais d’expérience qu’il est plus facile de se plaindre que de changer. Mais la voie de la facilité n’a jamais aidé à faire évoluer le monde de manière plus agréable.

Un exemple? Facile, ami lecteur, j’en ai des tonnes.

On me dit « Comment peux-tu supporter de vivre seul? Je ne vois personne de toute la semaine, je deviens dingue. »

La réponse est facile une fois qu’on connaît le contexte. Je vis seul, soit, parce que je n’ai pas encore trouvé l’homme qui partagera ma vie. Mais j’ai des amis, des copains et des relations. Et je ne me suis pas coupé d’eux au cours des quinze dernières années parce qu’à l’occasion ils ne se comportent pas comme je pense qu’ils le devraient. Je ne les ai pas rejetés non plus parce qu’un jour ils m’ont fait une remarque qu’avec beaucoup d’imagination j’aurais pu prendre comme une insulte. Bien sûr, il y a des amis-copains-relations que je ne vois plus parce que nos vies ont pris des chemins différents ou que nos centres d’intérêt on changé. Mais je serais heureux de les croiser un jour en rue et de repartir de là où nous nous sommes arrêtés.

Les gens dont je parle plus haut en sont incapables. Ils se sont coupés de tout et de tout le monde, ont réduit leurs centres d’intérêt au strict minimum. Et maintenant ils se plaignent de ne voir personne. Je ne les plaindrai plus. Ils ont ce qu’ils ont voulu.

Je ne dis pas que chaque femme battue cherche inconsciemment à provoquer son mari. Ni que chaque personne ayant des problèmes les a provoqués. Je suis con parfois, mais pas à ce point là. Mais il faut arrêter de maudire le sort. Lui non plus n’est pas responsable de tout. Changez vos comportement et votre vie changera. Répétez-les et préparez vous à vivre à nouveau les mêmes épreuves.
Arrivé là dans ma réflection, je suis prêt à appuyer sur le bouton reset de l’humanité.
Puis je me souviens que je connais aussi des gens qui ne réagissent pas comme ça, qui valent la peine d’être connus, et je fais un beau sourire à la vie. Retenez votre rayon, messieurs les extra-terrestres.

Partager et découvrir :
  • Digg
  • del.icio.us
  • blogmarks
  • StumbleUpon
  • Technorati
  • YahooMyWeb
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • Live

4 commentaires sur “Plaignons-nous en coeur”

  1. Je ne sais plus où j’ai lu que chacun était responsable de son propre malheur. La plupart des gens s’ingligent leur propre châtiment pour pouvoir s’en plaindre.

    Dans le film « oui, mais », le psy utilise une analogie intéressante:
    Quand on tombe dans une fosse à purain, le premier réflexe est d’en sortir, de prendre une douche puis de lire des livres savants sur la merde.
    Mais beaucoup de gens continuent de retomber encore et encore dans la même fosse.
    D’autres vont même jusqu’à se jeter dans la fosse et prétendre qu’on les y a poussés pour pouvoir se plaindre.

  2. d’accord avec toi Turbo, mais il faut bien aussi comprendre que ces personnes ne font pas ça intentionnellement… celà est souvent la conséquence d’une situation ou plusieurs vécues trés jeune, un ex :

    j’avais une fille avec qui je bossais pas mal d’années en arrière, elle se faisait frapper par un de ses jeunes frères, et pourtant, elle s’était mise en situation telle qu’elle devait retourner vivre chez sa mère, c.à.d;avec aussi son frangin.

    il est apparu que dans l’enfance, elle était frappée par son père, son père mort, elle n’a rencontré que des mecs qui la maltraitaient, et quand il n’y avait pas de mec, c’était son frangin… affligeant ? oui, certes, mais pensez-vous que cette fille voulait être tapée, voire violée, (par son frangin..), non , bien sur, quoique j’entends souvent dire, elles aiment ça puisqu’elles le cherchent..

    oui, et non, oui, parce que l’amour d’une fille pour son père est trop fort, or, là, l’amour passait par les coups, elle a appris ça, ça s’est ancrée dans sa petite tête d’enfant, voilà, toute l’attention que je reçois de papa, ce sont les coups… je ne suis pas psy, je ne trouve pas les mots justes, mais toujours est il qu’elle recherche inconsciemment (l’expression de l’amour enseignée par le père) à travers ses relations amoureuses… je ne la vois plus depuis longtemps mais je sais qu’elle ne s’en est toujours pas sortie..

    en règle plus générale, il est vrai que la plupart des gens agissent de la façon décrite par Vanyel, mais ils n’en sont pas responsables, ils se mettent en difficulté inconsciemment… pourquoi??? la réponse est en eux, mais encore faut il qu’ils la trouvent,ce jour là, ils seront guéris.

  3. C’est tout à fait ça. On ne se rend pas compte qu’on se crée ses propres problèmes ou bien on ne veut pas changer les choses. Parfois le déclic se fait et on cesse de subir.
    On préfère souvent une situation qui nous souffrir mais dont a l’habitude, qu’on connaît bien et qui nous rassure plutôt que se lancer dans l’inconnu pour changer les choses.

    Dans le cas des femmes battues, ça prend une dimension beaucoup plus grave. Je peux juste leur souhaiter de rencontrer un homme gentil qui les aimera vraiment et leur montrera patiemment qu’on peut vivre et aimer sans violence. Mais c’est peu probable. En fait, je ne pense pas qu’elles cherchent ce type de relation mais s’intéressent au type d’homme qui a ce genre de penchant. Ceux qui ne l’ont pas étant pris ou plus difficilement accessibles.

  4. Adelie,

    Je te suggère de lire l’excellentissime article de Maître Eolas:
    http://maitre.eolas.free.fr/journal/index.php?2006/09/13/426-si-ca-c-est-pas-de-la-galanterie
    où il rapporte un procès de violence conjugale où la victime se rétracte pour que son bourreau ne soit pas condamné (raté d’ailleurs).

Laisser un commentaire