Voilà deux mois que j’essaie de reprendre le contrôle de ma vie – si pas totalement, en tout cas de sa direction générale. Chose qui n’a rien de facile vu que j’ai tendance à lire beaucoup de théorie et à laisser tomber la pratique assez vite.
Le premier succès a été la remise en ordre de l’appartement pour pouvoir recommencer à y recevoir des gens. C’est chose faite, et un ordre relatif règne au quotidien grâce aux conseils de ce site. (J’en parlais déjà ici).
Je m’attaque maintenant à mon problème le plus important: « Je n’ai pas le temps ». En fait, si je fais le compte, j’ai largement le temps de faire tout ce dont j’ai envie, mais je gère tellement mal mes journées que je les termine sans avoir rien accompli, comme aujourd’hui (Enfin, aujourd’hui, j’ai une excuse, je regarde ma mailbox toutes les dix minutes pour constater qu’elle est toujours aussi vide).
Dans ma quête d’organisation, j’ai lu le billet où Keiichi explique comment il gagne un peu de temps chaque matin en se levant dès potron-minet. L’idée même de me lever si tôt m’a paru terrifiante, mais j’ai quand-même lu l’article d’origine et je suis passé à la pratique hier.
Le fait de savoir que j’allais me lever tôt m’a empêché de m’endormir avant une heure du matin, mais qu’à cela ne tienne, je maintiens le réglage du réveil.
Cinq heure. Le réveil se met en route. Gné? Kesskisspasss? Ah, oui! Se lever dès que ça sonne. Grmbl, pfffff, j’ai de ces idées. Bon allez, on se lève d’un seul bloc, c’est pas négociable. Hop!, deux pieds par terre. (Mais il fait froiiiiiiiiiiiiiid!)
Bon, allez, pourquoi je me suis levé moi? Ohé, du cerveau, il y a quelqu’un. Ah! Le jogging que je n’ai jamais le temps d’aller faire. Sans café. L’auteur de l’article « comment se lever tôt » en a aussi écrit un qui, en substance, explique qu’il ne faut pas s’étonner de ne pas savoir dormir quand on chipote dans la chimie de son cerveau. Alors tant qu’à changer, changeons tout, le café y compris. Dur dur.
Dix minutes et un changement de tenue plus tard, je suis en route vers le bois tout proche. L’air frai du matin achève de me réveiller. Observation des lieux (tiens, c’est bizarre, y’a personne). Définition de l’itinéraire (un tour du lac ça sera très bien). Petites foulés régulières, hop hop hop. Et là, consternation, le tout de ce lac est fort mal éclairé. Ce que j’avais pris pour l’éclairage des lampadaires est en fait la pleine lune. C’est très joli, d’ailleurs, un lac éclairé uniquement par la lune. Joli, soit, mais il faut quand-même faire attention à l’endroit où on pose les pieds, le sentier est tout sauf régulier.
Ca m’a rappelé le jeu loup-garou ouskedanslequel les garous de New York se retrouvent la nuit à Central Park. La communion avec Gaïa, tout ça. Enfin, jusqu’à ce que mes jambes ne communient plus du tout. Pas sympas les jambes. Petits fourmillements dans les cuisses (ça doit venir des veines qui n’ont pas l’habitude de voir passer tant de sang aussi vite), menaces de représailles… Je leur ai fait plaisir, je n’ai couru que la moitié du lac, j’ai marché l’autre moitié.
Seul bémol, les deux fumeurs de joins qui avaient l’air de trouver le lac très beau, eux aussi. Ils faisaient un peu tache dans mon tableau bucolique.
Ce matin la motivation n’était déjà plus au rendez-vous. Faut dire que faire plein de kilomètres en voiture après avoir dormi quatre heures n’aide pas à être en forme. Ne pas savoir s’endormir le soir parce qu’on a l’amour et plein d’inconnues en tête non plus. Mais je réessaierai demain. Après tout, il est temps que mon corps commence à m’obéir, non?








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