Je commence par résumer la situation pour mes lecteurs hors des frontières belges.
Une de nos ministres de l’enseignement – ben oui, on a trop de sous, en Belgique, on multiplie tout par 2 ou 3, voire plus quand il s’agit du temps nécessaire à se rendre compte qu’on passe pour des guignols à la face du monde – a décidé d’en finir avec les privilèges et l’inégalité. Marie, socialiste de son état, a donc décrété que tout le monde inscrirait les enfants en secondaire le même jour, à savoir hier.
Son idée est d’empêcher certains parents d’inscrire leurs mouflets braillards et boutonneux jusqu’à plusieurs années à l’avance; ce qui fait que dans les dites écoles, il ne reste souvent qu’une dizaine de places lors de l’ouverture officielle des inscriptions. Et évidemment, ce ne sont jamais les écoles dites à discrimination positive.
Et comment ont réagis les parents? (Et pas rien que les petits bourgeois « je me la pète et toute la famille est passée par là depuis l’arrière grand oncle Gustave-Alphonse-Philibert Dieu ait son âme c’était un saint-homme) Et bien ils ont commencé à faire la file devant les écoles jusqu’à 48 heures avant l’ouverture.
Je ne sais pas ce qui est le plus ridicule. Ce décret qui ne traite qu’une partie du problème, ou les parents qui font comme si il n’existait qu’une seule bonne école dans la ville (Je dis dans la ville parce le phénomène semble plus marqué à Bruxelles qu’ailleurs) .
Le décret d’abord. C’est vrai, il y a un problème dans quelques écoles. Celles historiquement réservées à « l’élite ». Fort bien. Mais faire un décret généralisé à l’ensemble des établissements, c’est un peu excessif, non, Marie? Tout comme le faire passer en pseudo-urgence. L’idée est bonne, mais insuffisante seule. Si on veut faire accepter un changement à une population donnée, il faut lui montrer ce qu’elle va y gagner. Et là, franchement, ce n’est pas évident. Par contre, si le décret était assorti de mesures vivant à égaliser le niveau de l’enseignement en Communauté Française, ça passerait beaucoup mieux. Et quand je parle d’égaliser, c’est par le haut, et non du nivellement par le bas qu’appliquent systématiquement nos politiciens depuis que je suis en âge de comprendre ce qu’ils font à l’enseignement. Ni des mesures à la Jacques Martin (Bienvenue dan mon école des fans; aujourd’hui tous les étudiants on gagné leur passage dans la classe suivante) qui ne font que masquer le problème, voire l’empirent. Enfin, soit. Une des meilleures ressources de la Belgique, ses cerveaux, se fait la malle depuis vingt ans déjà.
Les parents ensuite. Non mais oh!? Vous nous faites quoi, là? Si ce n’est pas l’école que vous aviez choisie, ça en sera une autre. Ok, elle sera peut-être plus difficile d’accès. Ou un brin moins renommée. Mais on ne me fera pas croire qu’il n’existe en Belgique qu’une poignée d’écoles qui s’efforcent de délivrer un enseignement de qualité. Ca se passe mal dans l’école où atterrissent vos bambins? Et bien le temps passé à taper du pied sur le trottoir, passez le de manière constructive, avec les enseignants, à voir où se situe le problème. Formez des comités de parents. Ensemble, reprenez l’éducation de votre progéniture en main. Parce que le problème des profs démotivés, ce n’est pas qu’ils sont tous nuls, qu’ils ne gagnent pas assez par rapport à la difficulté de la charge qui leur incombe. Non non. Venant d’une famille d’enseignants, je sais que malgré tout ça, il y en a encore qui ont une vocation. Mais qui ne peuvent rien faire quand on leur donne trente singes hurlants dont ils doivent faire des animaux savants. Le boulot des profs, c’est le savoir. Pas le comportement. Mais ça, depuis qu’un ministre a décidé que les parents auraient toujours raison face aux enseignants c’est un message qui est difficile à faire passer.
Il y aura toujours des parents crétins et des profs nuls. C’est comme ça, il faudra faire avec. Mais soyez constructif, bordel. Plutôt que que de mobiliser les pompiers et la croix rouge, qui, eu, n’ont rien demandé à personne, pour vous tenir chaud la nuit.
Et puis arrêtez de râler sur la ministre. Parce que si elle est là, c’est que quelque part, la majorité d’entre vous à voté pour son parti.
Ce pays, sa politique et ses habitants me désespèrent. Comme l’humanité en général, par moment.








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