Je n’ai pas de jardin, et par moments, ça me manque quand-même. Mais je compense bien.

Le rosier installé dans un grand pot sur ma terrasse commençait à montrer des signes de faiblesse, à tel point que j’avais sérieusement envisagé de lui trouver un jardin d’accueil. Mais un bon surfaçage et un apport d’engrais longue durée lui ont redonné santé et vigueur. Hier matin, il m’a remercié en m’offrant ceci:

rose_medium.jpg

Une seule fleur, mais qui suffit à parfumer le salon quand la porte est ouverte.

En parlant de rose, ça me rappelle une chanson, pas spécialement drôle d’ailleurs, mais qui aide à se rappeler de l’impermanence de toute chose. J’ai du mal à décider quelle version je préfère; je vous livre donc les deux.

Sur le même sujet, Ronsard avait déjà écrit:

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu cette vêprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.

Las ! voyez comme en peu d’espace,
Mignonne, elle a dessus la place,
Las ! las ! ses beautés laissées choir!
Ô vraiment marâtre Nature,
Puisqu’une telle fleur ne dure,
Que du matin jusqu’au soir !

Donc, si vous me croyez mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à cette fleure la vieillesse
Fera ternir votre beauté.

Pierre de Ronsard, in Odes, 1550

Je ne suis certain que le père Ronsard ait eu une vision bouddhique de la chose. Si je me souviens bien de mes cours, il était assez laid et reprochait à la belle de l’éconduire alors qu’elle aussi, un jour, serait décrépite. Enfin, même si son but n’était que la visite du jardin de la dame, il lui a au moins passé un message important: il faut profiter de ce qu’on a au moment où on en dispose, car rien ne dure.

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Un commentaire sur “Rosa, rosa, rosam, rosae, rosae, rosa ; rosae, rosae, rosas, rosarum, rosis, rosis”

  1. Ah ! La rose éphémère, comme la beauté et la vie.
    Avant Ronsard, déjà Horace le disait : « Carpe diem quam minimum credula postero »…
    Alors une seule rose, couverte de soins, qui embaume, quel plaisir !

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