Alors là, très chers lecteurs, il va falloir prier pour moi.
A l’instant où ce billet se publie (c’est fantastique, la technique, quand-même), je rentre en réunion chez le client en chef. Oui oui, le chef de tous les clients. Une belle grosse réunion, avec plein de monde, costume-cravate, tout ça (heureusement que c’est climatisé vu la météo).
Et j’y serai le seul représentant de ma société. Ce qui me stresse au plus haut point. Je suis une éminence grise, moi. Un travailleur de l’ombre. Une petite main qui, dans son costume de geek, fait avancer les choses pendant que d’autres se perdent en blabla qui dure deux heures pour énoncer des faits qui se résument en dix minutes. Je suis tout sauf un politicard qui distribue des sourires d’un côté en laissant traîner ses oreilles de l’autre et en évaluant les réactions des gens autours de lui au fur et à mesure de l’avancement de la réunion pour en déduire des information stratégiques. A la limite, si il faut coucher pour obtenir des informations d’un mignon petit commercial, je peux faire un effort, mais c’est tout. (On admirera mon dévouement.)
Ça aurait pu être bien pire néanmoins. Je ne dois pas prendre la parole, comme je l’ai fait une fois déjà avec une grosse grippe devant à peu près le même public. Au pire, je devrais me présente, ce qui prend à tout casser 30 secondes sur une journée de 8 heures. Ah, oui, et partager un repas avec plein d’inconnus. Je suppose que j’y survivrai.
Il n’empêche, ça m’obsède. Ca m’irrite. Ca me stresse.
Tellement que j’ai tout fait pour me mettre en confiance. J’ai un nouveau costume tout joli qui ne me boudine pas. La chemise assortie qui, pour une fois, n’affiche pas mes préférences sexuelles haut et fort (quoi qu’avec tous ces hétéros qui s’habillent comme Zaza Napoli, on ne peut plus être certain de rien, ma bonne dame, si c’est pas malheureux, tout ça c’est la faute à leurs spoutniks, là).
Je me suis préparé un bon petit poulet korma hier soir, accompagné de riz basmati au cumin et d’un verre de vin bio (le dernier repas du condamné). Le tout suivi d’un peu de yoga et d’un bain aromatisé à l’aide d’un des derniers cadeaux que j’ai reçus. Ce qui, dans l’absolu, a dû m’aider à passer une bonne nuit (On le supposera, je ne pense pas avoir le temps, en me levant, d’éditer ce billet pour donner des précisions sur ma nuit). L’hydratation du visage avant de me coucher devrait avoir permis que je me rase sans me couper… (je sais, une vraie bonne femme, mais si l’apparence va, tout va).
Et dire que je faisais le même cirque avant presque tous mes examens… En moins élaboré, parce qu’on n’a pas nécessairement le loisir de faire dans l’élaboration quand on est étudiant.
Allez, mon petit Vanyel. On serre les fesses. On tire les épaules en arrière. On redresse le dos. On ne fait pas de step, ce n’est pas le moment de se croire sur la Wii Fit. Menton relevé mais pas trop, pour avoir l’air confiant sans sembler arrogant. Un demi-sourire aux lèvres, et on entre dans l’arène.
Ave Caesar!
P.S.: Il est entendu que j’exagère entre un peu et énormément. Je suis stressé, mais pas au point d’être paralysé. A trente et *kof kof* ans, il est temps d’assumer le « Senior IT Consultant » qui se trouve sur ma carte de visite.








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