Est-ce que la misère se dilue?

29 juillet 2008 - 10:44  ( Humeurs, Société )

Bizarre comme titre, hein?

C’est une question que je me pose en observant le comportement des femmes de ma famille, côté maternel. Ces dames se sont fait une règle, dès qu’un événement les perturbe fortement, d »en faire profiter toutes les autres, méthodiquement, par téléphone.

La technique a dû leur prendre quelques années pour être mise au point, mais je crois qu’elles ont réussi à la perfectionner à l’extrême. Je vous livre la recette, ça pourra servir si il vous prend l’envie de vous rendre insupportable pour vos proches:

  1. Commencer par ressasser les faits pendant une heure ou deux, histoire d’être de la plus mauvaise humeur possible. Il faut que la tension nerveuse puisse être audible dès les premiers mots, même sur une ligne téléphonique de piètre qualité.
  2. Sur la liste de victimes que vous aurez pris soin d’épingler au-dessus du téléphone, choisir celles qui ne pourront strictement rien faire pour résoudre le problème. C’est vrai, quoi, si on vous prend vos contrariétés, à quoi allez-vous passer votre temps?
  3. Entamer la conversation par un « Dis, tu sais pas ce que X a fait/m’a dit/m’a fait/à fait à Y qui vit à l’autre bout du pays et qu’on n’avait plus vu depuis 30 ans? » en injectant dans chaque mot un maximum de hargne. Il ne faut pas avoir peur, les mots sont de très bons buvards à haine, vous ne risquez pas d’en perdre une goutte.
  4. Une heure plus tard, vous êtes calmé. Vous pouvez aller vous coucher, vous dormirez du sommeil du juste. Pas votre correspondant, par contre, puisqu’il vient d’écoper d’un flux de purin verbal, et qu’il ne lui reste plus qu’à faire le ménage.

La technique de survie à appliquer dans ces cas-là est relativement simple, une fois qu’on a appris à identifier le tout début de l’étape n°3. Elle se résume à interrompre le début de la loghorée d’un « Je t’arrète tout de suite. Si tu veux déverser ton fiel, il faudra le faire ailleurs. Moi, je ne veux pas savoir. En tout cas, pas tant que tu n’es pas calmé(e) ». Ensuite, il faut, très rapidement raccrocher et débrancher le téléphone.

Raccrocher seul ne suffit pas. L’aigri à l’autre bout du fil reviendrait à la charge en réussissant à donner aux sonneries de téléphone un ton hargneux.

J’ai essayé d’autres méthodes, moins brutales, mais aucune ne fonctionne.

Et après, on s’étonne que je ne sois pas très famille.

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Un commentaire sur “Est-ce que la misère se dilue?”

  1. Tu as déjà essayé d’en rajouter ?
    « - Tu sais pas ce que X a fait ?
    - Probablement rien à côté de ce qu’a fait ta voisine.
    - Ma voisine ?
    - Ben oui, elle a fait des dépositions contre toi pour harcèlement moral. Je sors du commissariat. Une heure qu’ils m’ont questionné sur toi. »
    Les deux flots de connerie vont peut-être s’annihiler ?

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