Monsieur, qui êtes-vous pour me dire que je n’ai pas de légitimité? Vous avez la légitimité du citoyen, soit, moi j’ai celle de l’élu, ce qui me semble plus important.
Ca, c’est Denis Ducarme, ce week-end dans « Et Dieu dans tout ça ». La citation est approximative, vu que le podcast de l’émission n’est pas encore disponible. Je rectifierai dès que possible.
La superbe et l’arrogance de certains politiques ne cesse de m’ébahir. Qui sont-ils eux, pour se croire supérieurs à la masse des électeurs? Qui es-tu, toi1, Denis, pour appliquer des techniques grossières de L’Art d’avoir toujours raison afin de te réfugier dans ta dignité outragée au lieu de considérer l’assertion telle qu’elle a été posée et non pas comme il t’arrangerait qu’elle l’eut été?
Je m’explique.
La colère de notre bon député vient du fait qu’il lui fut dit que, le MR ayant un élu dirigeant une mosquée, il n’avait sans doute pas la légitimité de critiquer l’élue d’un autre parti lorsqu’elle porte le voile pour prêter serment. Pour moi, c’est un discours cohérent, quelle que soit l’opinion qu’on ait sur le port du voile, où que ce soit.
Il se fait qu’en feuilletant l’art d’avoir toujours raison (qu’on pourrait appeler le petit manuel de la mauvaise fois), j’étais justement tombé sur la technique consistant à exagérer les propos de la personne avec laquelle on discute afin qu’ils ne correspondent plus à l’idée qu’il voulaient véhiculer. « Vous n’avez pas de légitimité sur ce sujet (arguments à l’appui) » devient « vous n’avez pas de légitimité du tout ». Ce procédé force généralement l’autre à s’expliquer, et en lui coupant la parole comme le font si souvent les politiques entre eux lors des débats publics, on fait oublier à l’auditeur les propos de base.
Alors le port du voile en tant que symbole religieux dans une assemblée représentative, je ne suis pas spécialement pour, pas plus que je n’ai apprécié que Christine Boutin sorte sa bible lors d’un débat en France2, mais je suis prêt à en discuter. Le problème étant que quand on discute en modifiant les propos de l’autre, on le fait pour avoir raison, pour obtenir un certain pouvoir, pas pour faire avancer le débat et trouver une solution juste et acceptable par tous les protagonistes.
Un peu d’humilité ne ferait pas de mal à nos politiques. Et s’il arrètaient de se comporter en jésuites sans y avoir été élevés, ça serait encore mieux.








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