Oui, c’est un nouveau mot à moi. A classer au même endroit que ouskedanslaquelle.
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Hier matin, je lisais un article sur Le Soir en ligne ouskedanslequel il était question de l’événement « Besame Mucho » à Mexico. En gros, 40.000 personnes qui se roulent un patin en même temps pour célébrer l’amour sans violence. Très bien. Le soir avait, comme pour chaque article, illustré son propos de trois photos, la première représentant deux hommes en train de s’embrasser. Rien de bien palpitant, juste un bisou du bout des lèvres. Et l’un des deux étant de trois quart dos, il fallait y regarder à deux fois pour se rendre compte que c’étaient deux hommes et pas un bon vieux couple hétéro dont la composante féminine eût choisit de porter les cheveux courts.
J’ai trouvé ça amusant, qu’un grand journal mette la photo d’un couple homo en premier plan, y voyant une évolution des mentalités. Ainsi qu’un acte relativement courageux quand on connaît le niveau général des commentaires sur le site, irréfléchis, radicaux, à l’emporte pièce, sans nuance, et qui semblent avoir fait fuir les gens qui auraient pu élever le débat.
Et ça n’a pas raté. En voulant récupérer la photo hier soir pour la commenter ici, je n’ai pas été trop étonné de la voir remplacée par un visage féminin portant la marque de l’événement. Et suivie de commentaires… pareils à ce que je m’attendais à trouver. Et que je commenterai ici pour ne pas perdre mon propos au milieux d’un lac de bile.
Je me pose la même question : être hétéro serait-il devenu honteux ? Je constate que de plus en plus souvent des images d’homosexuels sont utilisées pour illustrer l’Amour. J’aimerai rappeler à toutes fins utiles que l’hétérosexualité est encore couramment pratiquée de part le monde. Alors que des couples affichent leur homosexualité ne me pose pas de problèmes mais de là à plébisciter cette pratique… non !
Tsss. Tout de suite les grands mots. Oui, on utilise aussi des photos d’homosexuels pour illustrer l’amour. Parce qu’il ne faut pas croire, on ne fait pas que baiser dans des backrooms. On est aussi capables d’aimer. (Et d’ailleurs, il y en a parmi nous qui ne fréquentent pas ces lieux de débauche. Fin de digression). Ben oui, l’hétérosexualité est largement pratiquée. Merci à vous chers hétéros de (re)peupler le monde. Quand à plébisciter (Approuver à une forte majorité les actes de quelqu’un ou ratifier quelque chose) la pratique, je ne vois pas en quoi approuver une pratique librement consentie et qui ne vous est pas imposée serait un problème. Ce n’est pas comme si une photo sur trois suffisait à définir un nouvel ordre sexuel…
L’hétérosexualité est la norme tant dans la nature que pour l’homme et la femme. La procréation découle de cette même hétérosexualité (à quelques rares exceptions près). L’homosexualité n’est pratiquée que part une infime partie de la population mais s’affiche de plus en plus tant dans la rue que dans les médias… Liberté, liberté chérie !! et c’est valable pour tous mais certainement en premier pour ceux qui pronent l’hétérosexualité.
La norme étant dans ce cas l’ensemble des règles de conduite qui s’imposent à un groupe, je parlerais plus ici de comportement majoritaire. La procréation, c’est bien, mais qu’est-ce que ça vient foutre dans un débat sur les bisous en public? C’est par là que ça se passe la reproduction sexuée des mamifères? On m’aurait menti à l’école? Et puis, prôner l’hétérosexualité, ça voudrait dire que la sexualité est une histoire de choix. Ce qu’elle n’est pas, il faudrait que le monde se colle ça dans la tête une bonne fois pour toute. Si les gens qui, comme Chrisian Vanneste, pensent que c’est un choix réfléchissaient un peu, ils se rendraient compte qu’il serait dans bien des cas plus simple de « choisir » l’hétérosexualité que d’affronter la pression sociale qu’ils nous imposent. Mais nous, on n’a pas trop le choix, à part essayer d’assumer du mieux que nous le pouvons ce que nous sommes. Et puisqu’on en est à parler de liberté, il me semble que notre liberté d’être présents sur l’avant de la scène publique vaut bien la vôtre. Ou faut-il nous cacher sous une burka?
Encore une fois, le soir prouve l’indigence de ses nouvelles en cherchant à attirer l’attention du lecteur par l’emploi de photographies provocatrices.
Indigence? C’est justement faire preuve de richesse intellectuelle que de s’ouvrir aux différences des autres. Provocatrice? La provocation réside souvent dans l’oeil de celui qui se laisse provoquer. Ou dans l’étroitesse de sa pensée.
Homo ou hététéros, un peu de discrétion, svp.Effectivement, cette photo m’interpelle également. « Lesoir » tombe t-il dans le sensationel?
Mais pourquoi donc être discrets? Ce sont juste des gens qui s’embrassent comme on en voit chaque jour en rue. Personnellement, à l’époque où je me suis rendu compte que ça me gênait, j’ai cherché à analyser les causes de cette gêne. Et je me suis rendu compte qu’elle venait du fait que moi, je n’avais personne à embrasser. Connaissant les causes de ma gêne, ça fait une bonne vingtaine d’années que ça ne me dérange plus…
Je rend quand-même hommage aux quelques lecteurs qui ont essayé de faire remarquer que la réaction était disproportionnée par rapport à la cause. Fort heureusement, l’enlèvement de l’image incriminée a suffit à endiguer le flot d’idiotie. Mais je ne me fait pas d’illusion, le monde ne fait que faire semblant de changer; si les mentalités évoluaient rapidement, notre espèce aurait évolué bien plus rapidement qu’elle ne l’a fait.